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Interview Elodie Godin « je donne tout pour revenir au meilleur niveau »

Près de 3 mois après avoir appris une rupture partielle du tendon d’Achille du pied droit, Élodie Godin revient sur sa rééducation, sa bonne forme et ses ambitions à quelques semaines désormais de la reprise avec le Tango Bourges Basket.

Bonjour Elodie, comment vas tu à ce jour ?

Et bien ça va, je n’ai jamais eu une intersaison aussi remplie. Suite à mon opération, mon pied a été immobilisé dans une botte durant 6 semaines. Ça m’a fait peur puisque j’ai commencé à perdre tous mes muscles. J’ai ensuite intégré le Centre Européen de Rééducation du Sportif (CERS) de Capbreton pendant un mois, période durant laquelle j’ai récupéré la totalité de ma masse musculaire. Cela a été un mois très long mais je voyais les progrès réalisés jour après jour grâce notamment à un super encadrement, ce qui me motivait. À l’heure actuelle j’ai 15 jours d’avance sur ma rééducation et j’ai repris la course dimanche, lentement certes, mais sûrement (rires).

Avoir autant d’avance sur un programme de rééducation est assez rare, comment tu l’expliques ?

Je pense vraiment que le travail réalisé a Capbreton a payé, comme je le disais c’est une structure parfaite pour récupérer ses fonctions musculaires. J’y étais allé pour ça et je ne suis pas déçu aujourd’hui !

Revenons quelques mois en arrière, le jour de la blessure. T’en souviens-tu ?

Je m’en rappelle bien oui, c’était contre Tarbes. Je me fais un peu mal, mais le lendemain matin je marchais très bien. Je me rappelle téléphoner à Olivier (Lafargue, coach du Tango Bourges Basket) et lui dire « t’inquiètes pas je vais passer une IRM mais je suis sûr que j’ai absolument rien ! ». Au moment de l’IRM, j’ai pris une claque parce que j’avais l’impression que tout allait bien. Très vite il a fallut prendre une décision avec le club parce que mon tendon n’était pas totalement rompu (à 80%), c’est pour ça que je n’avais pas mal. On a donc fait une réunion avec les coachs et le Président Fosset pour savoir si je pouvais tenter de finir la saison comme ça en sachant qu’il y avait de grandes chances que le tendon casse totalement ou alors arrêter dès maintenant, me faire opérer et revenir en pleine forme la saison suivante. Sincèrement, le médical a pris la décision alors que je voulais absolument terminer la saison car on arrivait en playoffs et qu’on fait ce métier pour ces matchs là, mais le staff a été raisonnable par rapport à ça et avec du recul c’était la bonne décision pour revenir au meilleur moment.

 

Viens donc l’opération, la première de cette importance dans ta carrière, comment l’as-tu appréhendé ?

Sincèrement c’est allé très vite. Je n’ai même pas eu le temps de réaliser, je me rappelle arriver à l’opération dans la clinique en marchant très bien et en ressortir en botte avec la jambe totalement immobilisé et en béquilles. Là on me dit « tu ne peux pas marcher pendant 6 semaines, tu ne peux rien faire », ça m’a fait extrêmement peur. J’étais chez mes parents à ne rien pouvoir faire, l’angoisse, horrible !

Certains athlètes blessés vivent parfois extrêmement mal la blessure de longue durée au point de couper totalement avec le sport pendant les temps d’immobilisation, était-ce ton cas ?

Non j’avais déjà envie de revenir, je faisais mes calculs par rapport à quand est-ce que j’allais pouvoir revenir avec les filles et ça me motivait. Et puis j’ai pu venir voir les filles gagner à Bercy même si j’étais encore en botte et j’ai pu soutenir l’équipe, faire mon devoir de Capitaine. Evidemment j’étais pas présente à Bourges physiquement mais j’ai pu continuer à suivre mon équipe par téléphone.

N’était-ce pas trop dur de se retrouver seule pour une joueuse de collectif comme toi ?

Le plus dur était de ne rien pouvoir faire finalement. J’ai eu la chance énorme d’avoir ma mère à mes côtés à Bordeaux qui a été omniprésente dans ce mois difficile où il fallait s’occuper de moi à plein temps. Après sincèrement, le moral était bon car je savais que je restais encore deux ans à Bourges et que je devais tout donner pour revenir au plus haut niveau, et c’est ce que je fais à l’heure actuelle.

Tu as passé un mois au CERS de Capbreton, quel était ton rythme de vie là-bas ?

De 8:00 du matin à 11:30 je faisais beaucoup de kinésithérapie pour réapprendre progressivement à marcher. Durant ce temps j’avais également de la musculation pour garder la tonicité du haut du corps. J’enchaînais ensuite avec une heure de natation jusqu’à 12:30 où je marchais dans l’eau, faisais des montée de steps pour reprendre confiance en mes jambes. Je reprenais à 14:00 de la kinésithérapie et ensuite c’était du cardio. Au départ je le faisais sur un appareil qui permettait de le faire avec les mains, puis j’ai enchaîné sur le vélo. On avait ensuite d’autres circuits de kinésithérapie. Le soir j’étais totalement claqué (rires).

Élodie Godin et le staff du CERS de Capbreton

 

Le CERS regroupe des athlètes blessées, c’est l’occasion de faire la connaissance de personnes qui sont dans la même situation…

Totalement ! J’ai beaucoup sympathisé avec un petit groupe avec qui on allait manger au restaurant le soir. J’ai notamment fais la rencontre de Tamara Horacek (joueuse international de Handball) qui s’est fait deux fois les ligaments croisés… Ça m’a remis les idées en place parce qu’elle était toujours ultra-motivée, c’était un exemple à suivre ! On s’est tous soutenus car on était dans la même situation et on avait tous le même objectif : revenir au plus haut niveau. C’est vrai que ça aide énormément d’être « dans la même galère », on a fait les choses ensemble. Aujourd’hui on est encore en contact via un groupe whatsapp, ça a débouché sur de belles amitiés.

Et tu découvres d’autres milieux sportifs…

Oui clairement et des belles histoires de vie. J’ai fais la connaissance de Betty Jouanny, une joueuse internationale de Hockey sur Glace qui joue en Suède. Elle a quitté sa famille très tôt pour exercer sa passion mais elle n’en vit pas, elle a un autre métier à côté. C’est une belle leçon de vie parce que cette fille là s’entraîne deux fois par jour tout en travaillant durant la journée, elle ne lâche jamais rien : respect.

De gauche à droite : Betty Jouanny (Hockey sur Glace), Olivia Marical (Rugby), Tamara Horacek (Handball), Élodie Godin

 

Tu as repris la course dimanche, qu’est-ce que ça fait ?

J’ai vu le chirurgien vendredi et il me dit « c’est bon tu peux courir ». J’étais vraiment étonné puisque normalement je devais reprendre la course entre le troisième et le quatrième mois, et là j’étais à moins de trois mois. Il m’a dit que tout était nickel et que je pouvais courir 2 fois 5 minutes. Ça m’a fait rire car tu te demandes si tu peux pas faire plus quand même ! Donc j’ai commencé à courir, ma mère me filme. Je pense être sur un bon rythme et là je regarde la vidéo et je me dis : « mais qu’est ce que je suis lente ! (rires). J’ai eu de très bonne sensations et ça m’a énormément rassuré. Aujourd’hui je suis vraiment très confiante pour la suite !

Tu entames désormais un cycle de ré-athlétisation, peux-tu nous expliquer ton programme ?

Cela sera beaucoup de courses de courtes durées au départ, comme je fais actuellement. Les sprints, c’est pas pour demain non plus et c’est pour ça que je reviens au mois d’août à Capbreton pour réaliser une première préparation physique avant celle du Tango Bourges Basket. D’ailleurs, durant cette préparation je serais avec ma coéquipière et copine Sarah Michel, ça sera sympa !

Tu suis l’Euro actuellement, tu vois certaines futures coéquipières performer, qu’est-ce que cela t’inspire ?

Elles sont plutôt pas mal du tout actuellement ! Je vois qu’Elin Eldebrink est au meilleur de sa forme, Ana Dabovic est en train de monter en puissance avec la Serbie, nos Françaises sont très bien aussi donc je me dis que cette équipe 2019/2020 sera très belle, d’autant plus qu’on aura l’avantage d’avoir une vraie et longue préparation pour apprendre à se connaître. C’est une belle équipe qui mêle jeunesse et expérience. J’échange beaucoup avec Isabelle Yacoubou qui est ultra-motivée à revenir en forme, Sarah et moi nous sommes sur les mêmes objectifs. Certes on a eu quelques pépins physiques, je connais la motivation de ces filles là, on va démarrer sur d’excellentes bases !

Tu connais très bien Isabelle Yacoubou pour avoir joué avec elle sous le maillot bleu…

Ah mais je suis ultra-heureuse ! J’adore jouer avec des vrais intérieures qui aiment aller dans la raquette. Vous l’avez remarqué, je préfère m’écarter un petit peu et là je vais pouvoir me gaver puisque Isabelle prend parfaitement les positions à l’intérieur, qui a de l’envergure, qui prend bien les ballons et qui aime batailler. Elle va nous faire énormément de bien puisque tout le monde va être attiré par elle, ce qui va nous permettre de trouver des Alexia Chartereau à trois points par exemple. Une fille de ce calibre là, ça va nous apporter que du positif ! 

Isabelle Yacoubou et Elodie Godin côte à côte (à droite) lors du retour des J.O de Londres

Et humainement..

C’est encore que du positif, elle met de l’ambiance dans les vestiaires mais sait aussi être très dure parce que c’est une compétitrice de haut niveau. Avec elle, Elin, Ana et moi, ça fait quelques fortes têtes, des guerrières ! C’est peut-être ça qui nous a manqué la saison dernière, je ne dis pas qu’on ne l’était pas, mais là quand je vois les réactions d’Elin ou d’Ana sur un parquet, je me dis que ça va bagarrer au Prado comme à l’extérieur !

Aujourd’hui de nombreuses personnes continuent de s’abonner et nous demande de tes nouvelles, peux-tu une dernière fois les rassurer ?

Je peux leur assurer que je vais revenir à mon niveau, et sûrement même bien meilleure. Je suis prête, j’espère qu’ils le sont aussi parce que la fin de saison où le Prado était rempli par 4500 personnes c’était incroyable, j’ai hâte de tous les revoir et encore plus nombreux !